L’Œuvre de l’Étoile répond à l’Institut Mater Boni Consilii

À la suite du communiqué publié le 20 octobre dernier par l’Institut Mater Boni Consilii sur le site Sodalitium, concernant ses relations avec l’Œuvre de l’Étoile, cette dernière nous a demandé de bien vouloir publier sa réponse.
C’est bien volontiers que nous lui ouvrons nos colonnes, estimant légitime qu’elle puisse, à son tour, faire entendre sa voix et apporter les précisions qu’elle juge nécessaires.
Les différends qui peuvent survenir entre les communautés religieuses sont toujours regrettables, particulièrement lorsqu’ils concernent des personnes animées d’un même souci de servir l’Église et le bien des âmes.
Sans prétendre nous ériger en arbitres de cette controverse, ni prendre parti sur les questions doctrinales et canoniques soulevées, nous avons souhaité donner à nos lecteurs la possibilité de prendre connaissance des explications de l’Œuvre de l’Étoile.
Nous reproduisons donc ci-dessous son communiqué dans son intégralité (avec ajout d'intertitres par la rédaction pour en faciliter la lecture), laissant à chacun le soin de se former son propre jugement.
Puisse la charité, qui doit toujours présider aux relations entre catholiques, permettre de surmonter les incompréhensions et les divisions.
Communiqué de l’Œuvre de l’Étoile en réponse à celui de l’Institut Mater Boni Consilii du 20 octobre dernier sur le site de Sodalitium
Suite à des malentendus et un concours de circonstances prêtant à diverses équivoques :
• Les deux religieux de l’Œuvre de l’Étoile ont quitté le séminaire de Verrua, refusant d’avoir à adhérer à la thèse de Cassiciacum pour avoir accès au sacerdoce.
• Les abbés de l’Institut Mater Boni Consilii qui célébraient la messe à l’Œuvre de l’Étoile l’ont quitté. Les fidèles et religieux de l’Œuvre de l’Étoile tiennent une nouvelle fois à les remercier pour tout ce qu’ils ont accompli pour le bien des âmes durant toutes ces années.
L’Œuvre de l’Étoile a déjà fait savoir qu’elle n’adhère ni à la thèse de Cassiciacum, ni à celle du concile général imparfait.
En réponse, le 20 octobre, l’Institut Mater Boni Consilii a publié un communiqué en 30 points, dans lequel il expose sa version des faits, ce qui est son droit le plus strict.
Néanmoins, il y a dans ce communiqué une série d’allégations erronées au sujet desquelles, sans esprit de polémique, l’Œuvre de l’Étoile tient à rétablir l’exactitude des faits.
Sur les conditions d’ordination
L’Œuvre de l’Étoile avait toujours été dans une perspective d’ordination sans obligation d’adhérer à la thèse de Cassiciacum, convaincus qu’une exception était faite pour ses deux religieux.
Sur les relations avec le père Michael Mary
L’Œuvre de l’Étoile connaît le père Michael Mary depuis plus de 30 ans. Nos chemins s’étaient séparés lorsque les Rédemptoristes transalpins avaient fait le choix de se rallier à Benoît XVI.
Lorsque les Rédemptoristes transalpins ont fait une déclaration publique de sédévacantisme, il était naturel de s’en réjouir et de les féliciter d’avoir eu le courage de reconnaître leurs erreurs passées.
Le père Michael Mary a fait alors savoir que lorsqu’il passerait en France, il viendrait faire une visite de courtoisie à l’Œuvre.
Mgr Michael Mary a été sacré évêque par Mgr Roy, Mgrs Da Silva et Altamira étant coconsécrateurs.
Sur la question du concile général imparfait et du conclavisme
Dans la déclaration de sédévacantisme des Rédemptoristes transalpins, il est fait mention d’un concile général imparfait, non pour élire un « pape », mais « afin de faire triompher l’Église du Christ, une, sainte, catholique et apostolique. ». Cette formule peut avoir bien d’autres significations que celle de l’organisation d’un conclave.
Il y a quelques semaines, dans une récente conférence aux Etats-Unis, Mgr Michael Mary a déclaré :
« I hate the idea of conclavism, i don’t believe in it. »
(« Je hais l’idée de conclavisme, je n’y crois pas »).
Par la suite, Mgr Michael Mary a confirmé à l’Œuvre de l’Étoile, des clercs et des fidèles, que la réunion des évêques à laquelle il aspire n’a pas pour tâche d’élire un pape, mais de faire un front uni contre le modernisme.
Ainsi, rien ne permet d’écrire que Mgr Michael Mary aurait une « intention objectivement schismatique », d’autant qu’il est issu de la même lignée épiscopale que celle de l’évêque de l’IMBC.
Sur le respect du droit canonique et l’ordination du 25 octobre
Le communiqué évoque une prétendue violation du droit canonique en raison de la non-application de l’intervalle entre le diaconat et le sacerdoce prévu à l’article 978 al.2 du code de droit canonique.
C’est oublié que ce même article prévoit une dérogation à cet intervalle en cas de nécessité, apprécié par l’évêque :
« …à moins que la nécessité ou l'utilité de l'Eglise, au jugement de l'évêque, ne l'exige autrement. »
Mgr Michael Mary a jugé que l’absence de prêtre à l’Œuvre de l’Étoile créait un état de nécessité qui exigeait, pour le bien des âmes, l’ordination d’un séminariste qui a tout de même fait 7 ans d’étude et a supervisé son plan d’étude afin de terminer au plus vite les traités qui lui restaient à voir.
L’ordination du 25 octobre dernier s’est donc faite en parfaite application du code de droit canonique.
« Que tout se fasse chez vous dans la charité. »
Saint Paul aux Corinthiens (1 Co 16, 14).