Le magistère du pape est-il infaillible en toutes circonstances? (Débat Adrien Abauzit / Matthieu Lavagna)
Matthieu Lavagna a fait striker la vidéo du récent débat qui l’oppose à Adrien Abauzit sur la chaîne des éditions l'Estocade. Dans ce débat, Adrien Abauzit soutenait que l’Eglise est infaillible (immunisée contre l’erreur au niveau de son Magistère) tandis que Matthieu Lavagna soutenait que l’Eglise est faillible (possibilité d’enseignement de l’erreur dans le cadre du Magistère).
I. Matthieu Lavagna soutient que l’Eglise est faillible
Matthieu Lavagna cite dans son exposé trois exemples de « magistère ‘faillible’ » vers 25 min 15 : « Je vais vous donner trois exemples de Magistère faillible, sur lequel le Magistère est revenu sur lui-même. » Le Magistère est donc selon ses propres termes « faillible ». Il cite ensuite des prétendues erreurs en matière de morale sur l’usure (« L’Eglise ne considère plus ça [l’usure] comme un péché et donc elle est revenue sur le fait que le prêt à intérêt était un péché, donc cela veut dire que Benoît XIV avait tort dans son encyclique en disant que le prêt à intérêt était forcément un péché. Donc il y a quelque chose de formellement faux dans une encyclique. ») et la torture.
Matthieu Lavagna exprime son désaccord avec Saint-Jean Bosco lorsque celui-ci écrit que le pape ne peut pas enseigner l’erreur en matière de foi, ce qui serait une victoire des portes de l’enfer sur l’Eglise. Il soutient donc – après avoir corrigé Saint-Jean Bosco – qu’un pape peut enseigner l’erreur en matière de foi.
Tentant de revenir en partie sur sa position, vers 50’30, il affirme que pour pas enseigner l’erreur, l’Eglise doit « dire explicitement qu’elle définit une doctrine ». Ce qui signifie qu’en absence de mention expresse de selon laquelle le pape définit – ce qui est le cas de l’immense majorité du Magistère – l’Eglise peut enseigner l’erreur. Matthieu Lavagna conclut à ce sujet : « Cela ne signifie pas que l’Eglise est incapable d’enseigner l’erreur en toutes circonstances. »
Ricanant, il continue de nier l’infaillibilité du Magistère ordinaire (54’03) : « Donc vous allez me dire que Pie XI et Pie XII ont contredit le pape Pie IX et que d’un seul coup dans les années 30 et 1950, Pie XI et Pie XII se sont dits “ et si on étendait l’infaillibilité au Magistère ordinaire dès qu’il parle de foi et de mœurs ”, non, ça n’a pas de sens. »
De même que pour être immaculé, il faut une absence permanente de péché, pour être infaillible, il faut une absence permanente d’erreur.
Matthieu Lavagna soutient que le Magistère ordinaire peut enseigner l’erreur en matière de foi et de mœurs (52’19 « le magistère ordinaire du pape seul n’est pas infaillible en toutes circonstances »), ce qui le pousse logiquement à accuser Benoît IX d’avoir enseigné l’erreur en matière de morale.
L’Eglise est donc selon lui faillible. Hélas, il ne l’assume pas, et, s’affranchissant du principe de non-contradiction, affirme après le débat que l’Eglise peut tout à la fois enseigner l’erreur et être infaillible… Autrement dit, les triangles ont quatre côtés.
Dans ce débat, Adrien a défendu l’Eglise que Matthieu Lavagna l’a attaqué en affirmant qu’elle peut enseigner l’erreur dans son Magistère.
II. La censure du rétablissement de la vérité Matthieu Lavagna a demandé à ce que la miniature de la vidéo soit changée (sous peine de « strike »), car il était associé aux symboles LGBT défendus par la secte moderniste, qu’il défend. Nous avons accédé à sa requête. Il n’avait donc plus aucun motif de faire censurer la vidéo.
Alors pourquoi cette censure ?
Profitant de l’ignorance des internautes, Matthieu Lavagna a bâti son argumentaire sur une litanie d’assertions fausses : des papes auraient enseigné l’erreur – entendre, dans leur Magistère – (Jean XXII, Innocent IV, Benoît XIV), l’Eglise serait revenue sur la condamnation de l’usure, aucun théologien n’aurait compris qu’Humani Generis enseigne que le Magistère Ordinaire est infaillible, l’héliocentrisme relèverait de la foi, le Saint-Office serait à lui seul un organe du Magistère…etc.
Ensuite, il fait dire à des théologiens ce qu’ils ne disent pas. Il attribue une phrase à Franzelin, qu’il oppose pendant près de 10 min à Adrien Abauzit, alors que la phrase n’est pas de Franzelin, mais d’un théologien d’ordre bien inférieur. Il affirme que Von Noort nie l’infaillibilité du Magistère Ordinaire (MO)… alors que c’est le contraire.
Il affirme que plusieurs théologiens nient l’infaillibilité du MO alors que dans les citations, ils ne parlent pas du MO.
Il affirme que les abbé Dutertre et Belmont nient l’infaillibilité du MO. Nous n’avons pas d’écrit à disposition de l’abbé Dutertre sur ce point, mais dans l’article suivant, l’abbé Belmont défend on ne peut plus clairement l’infaillibilité du Magistère ordinaire et des encycliques : https://www.quicumque.com/wp-content/...
Matthieu Lavagna opposera que le Magistère ordinaire et universel est distinct dans son expression du Magistère pontifical, mais cet argument ne vaut rien concernant la question posée, car les exercices ont la même source d’infaillibilité, le pape. C’est pourquoi, plusieurs textes du « Magistère ordinaire » (« Munificentissimus Deus ») pour décrire l’exercice du Magistère ordinaire universel. Il n’existe qu’un seul Magistère, dont toutes les branches ont la même autorité.
Les disciples de Matthieu Lavagna ressortent de ce débat avec la conviction que l’Eglise peut enseigner l’erreur (voir commentaires et réactions sur X). C’est une catastrophe pour les âmes concernées.
Alors pourquoi cette censure ? Etant précisé qu’il était convenu que la vidéo soit publiée sur la chaîne des éditions l’Estocade.
Parce que dans la vidéo, des « insert » discrètes, en bas d’écran, indiquaient que : les papes calomniés par Matthieu Lavagna étaient innocents de ce dont il les accuse, que la citation attribuée à Franzelin n’est pas de lui et que Von Noort enseigne que le Magistère Ordinaire de l’Eglise est infaillible.
En somme, Matthieu Lavagna n’a pas supporté le rétablissement de la vérité, car la vérité met en lumière ses erreurs, et principalement l’idée selon laquelle l’Eglise serait faillible. Le fait qu’il tente de dissimuler ses erreurs par la censure transforme ces dernières en fraude.
Matthieu Lavagna, après remontrance d’Adrien Abauzit, a reconnu du bout des lèvres son erreur grossière sur Franzelin. Il reste muet sur tout le reste.
Adrien fera deux mises au point sur cette affaire :
1) Une vidéo résumant les diverses erreurs de Matthieu Lavagna, qu’il refuse de rétracter (et pour cause, il serait obligé d’admettre qu’il a tort et devrait cesser d’être moderniste)
2) Une vidéo pour démontrer, contrairement à ce que dit Matthieu Lavagna, que l’infaillibilité du Magistère ordinaire et des encycliques était défendue par des théologiens avant et surtout après la publication d’Humani Generis.
Après son premier débat face à Adrien Abauzit, Matthieu Lavagna n’avait pas assumé avoir défendu la catholicité du rite homosexualiste de Fidducia Supplicans, en soutenant qu’il ne permettait que la bénédiction des personnes, et non des couples, ce que la lettre du texte et sa mise en œuvre contredisent.
Aujourd’hui, il n’assume pas de défendre la position selon laquelle l’Eglise est faillible alors que ce sont ses propres mots et qu’il accuse des papes de s’être trompé dans leur Magistère, message que les internautes de son camp ont bien retenu et martèle.
Nous lui souhaitons très sincèrement de se réconcilier avec le Magistère de l’Eglise, institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et d’abjurer ses erreurs.
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